En tournée avec le postier militaire au WEF

La poste militaire: on la retrouve à tous les CR et elle constitue un service de la communication militaire depuis longtemps éprouvé. Mais comment lettres et paquets arrivent-ils aux bons destinataires? La rédaction du portail d'actualités "Cuminaivel" a accompagné un postier militaire pendant sa tournée.

Un article invité du portail d’actualités «Cuminaivel» de l’Armée suisse. Sur le portail, l’armée publie des textes et des vidéos sur les quelque 5000 soldats qui contribuent de manière significative à la sécurité du World Economic Forum (WEF) de Davos.

Le postier militaire: tout le monde le connaît et presque tout le monde le voit. Dès qu’il arrive, on sait que les lettres et les paquets de friandises tant attendus ne sont plus très loin. Les postiers militaires procurent aux destinataires des émotions très diverses: pour certains, le courrier est synonyme de réjouissance; pour d’autres, de travail supplémentaire. Mais reprenons la tournée du postier militaire depuis le début.

C’est au petit matin que le sergent Dominik Bienz commence sa tournée. En tant que postier militaire de tout un bataillon, c’est un lève-tôt. Son premier trajet le mène au bureau de poste. Là, le sgt reçoit une cargaison de lettres et de paquets. Ses gestes sont experts, voilà des années qu’il officie en qualité de postier militaire. «J’aime mon travail. Je rencontre de nombreux camarades sur ma route. Nous faisons un brin de causette et je leur remets le courrier. Certains militaires attendent par exemple un paquet depuis un certain temps et se réjouissent lorsqu’il arrive enfin.» Le sgt Bienz explique sa fonction de postier militaire avec enthousiasme, et le cœur qu’il met à l’ouvrage est perceptible.

Et c’est avec toujours autant d’enthousiasme qu’il poursuit sa route après avoir chargé le courrier des militaires de l’emplacement. Sa tournée le fait traverser tout le secteur d’engagement du bataillon. Mais comment fait le sgt Bienz pour savoir où aller et où se trouvent les autres emplacements?

«Je reçois les numéros militaires d’acheminement des compagnies et sais ainsi où ces dernières sont stationnées. C’est moi qui m’occupe du triage, c’est-à-dire de la répartition en fonction des compagnies», explique le postier militaire avant d’ajouter qu’il savait déjà où se trouvait qui après sa première tournée. Dans son travail, le sgt Bienz n’est pas tout seul. En effet, la poste militaire est organisée et structurée de manière claire. Il existe des procédures précises qu’il s’agit de respecter. Le sgt Bienz nous en dit plus: «Tout d’abord, chaque compagnie dispose d’une ordonnance dite de poste, qui répartit le courrier en interne, c’est-à-dire au sein de la troupe. Vient ensuite le sous-officier de la poste militaire, qui est responsable de la poste au niveau du bataillon. Enfin, il y a le chef de la poste militaire AE23, qui coordonne et gère tout le courrier militaire pendant l’engagement en faveur du WEF.»

Notre tournée nous mène à la prochaine compagnie. Le sgt Bienz gare son véhicule, descend et remet le courrier. Un autre brin de causette ou un «Salut, tout va bien?». Le postier militaire est populaire, son travail estimé. En fin de compte, c’est un membre important de la communication militaire. À chacun de ses arrêts, le sgt Bienz réceptionne quelques lettres et paquets. Ils seront envoyés le lendemain, lors d’une de ses nombreuses tournées.

Et s’il y a du retard…
… c’est parce que le courrier doit d’abord aller à Davos. Là-bas, il est soumis à un contrôle de sécurité pour s’assurer qu’aucun objet dangereux ou contondant n’est expédié. Il arrive que ce petit détour retarde l’arrivée du courrier à ses destinataires.

Le secret postal est toujours de mise
À l’instar du secret bancaire à une époque, le secret postal est toujours de mise en Suisse: les lettres et les paquets sont acheminés sans détour à leurs destinataires, et si nécessaire ou désiré remis contre signature. C’est important, surtout si le contenu du courrier est rédigé de manière personnelle et donc que personne d’autre n’a le droit de le lire. Il y a plus de 130 ans comme aujourd’hui, la poste, et à plus forte raison la poste militaire, reste donc un service très prisé. Même si les volumes diminuent chaque année, en moyenne de 25% en cinq ans, ce n’est pas demain la veille que la poste disparaîtra du paysage.

 

Dominik Bienz, postier militaire